M, call me M.
J’écris, je parle, je raconte, je veux, je rigole, je vole, je pleure, je blogue... et je m’arrête, sinon, cela prendra des pages entières. L’exercice est encore nouveau pour moi, et donc périlleux. Celui de la première personne, pour la première fois.
Jusque là, mes jours, semblables, ennuyeux et monotones, se sont toujours conjugués à la troisième personne. Singulière et impersonnelle. Normal, j’existe à peine. Je n’ai pas de nom, pas d’âge et sinon mes règles, je n’aurais même pas eu de sexe. Je suis une autiste, et pour tout le monde, cela semble suffire. C’est comme si, pour identité, vous étiez humain, homme ou femme. Cela condamne en vous, certes, toute singularité mais permet de vous distinguer des bêtes, des arbres et des voitures.
Aujourd'hui, c'est fini. Je veux me faire entendre. Exister, même virtuellement. Je m'en fous.
